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Comment fumer un cigare sans le brûler ni gâcher ses arômes

Comment fumer un cigare sans le brûler ni gâcher ses arômes

Savoir comment fumer un cigare tient en trois gestes : couper un cigare d'une coupe nette au capuchon, allumer un cigare lentement au briquet torche ou à l'allumette sans que le feu le touche, puis fumer le cigare à raison d'une aspiration par minute, sans jamais inhaler. Ces gestes évitent d'abîmer le cigare ; ils ne rendent pas le tabac moins nocif, même sans inhaler.

Les quatre étapes, dans l'ordre :

  1. Préparer : un cigare conservé à bonne humidité, un coupe-cigare propre, un briquet torche ou des allumettes longues.
  2. Couper le capuchon du cigare sur deux à trois millimètres, sans toucher à la ligne de la cape.
  3. Toaster puis allumer le cigare à distance du feu, en le faisant tourner.
  4. Fumer lentement, sans inhaler, et poser le cigare quand il reste trois à quatre centimètres.

Avant d'allumer : choisir un cigare et préparer ce qu'il faut

L'art de fumer commence avant la première bouffée. Un cigare trop sec brûle vite et chauffe, un cigare trop humide tire mal et s'éteint sans cesse. Un cigare conservé entre 65 et 70 % d'humidité relative, dans un humidor ou une cave à cigare, se fume dans de bonnes conditions. Un cigare acheté le jour même chez un buraliste qui entretient mal sa cave peut déjà être desséché : pressé légèrement entre deux doigts, il doit céder un peu et reprendre sa forme, sans craquer. Si la cape se fendille au toucher, mieux vaut le laisser reposer quelques semaines en humidor avant de le fumer ; la page consacrée au cigare sec et aux moyens de le récupérer détaille la méthode.

Pour un premier cigare, choisir un module court et doux évite la mauvaise surprise d'un tabac trop puissant. Un robusto court ou un corona léger se fume en 30 à 45 minutes, contre plus d'une heure et demie pour un double corona. La taille du cigare détermine donc le temps qu'il faut lui réserver : on ne fume pas un churchill pendant une pause de vingt minutes. Nos repères sur la force d'un cigare partent de ce critère.

Côté matériel, trois accessoires suffisent :

  • un coupe-cigare à double lame, à emporte-pièce (punch) ou en V, bien affûté ;
  • une source de flamme sans goût : briquet torche au butane, allumettes longues en bois de cèdre ou bande de cèdre (spill) ;
  • un cendrier assez large pour poser le cigare à plat, sans l'écraser ni le coincer.

Faut-il retirer la bague ? Les avis divergent. La bague est souvent collée à la cape par une goutte de gomme végétale ; l'arracher à froid risque de déchirer la feuille. Si vous voulez l'enlever, attendez que le cigare soit allumé depuis une dizaine de minutes : la chaleur assouplit la colle et la bague glisse sans dommage. La laisser en place n'a aucun effet sur le goût.

Comment couper un cigare correctement ?

Un cigare est fermé à la tête par un capuchon, une petite pastille de cape collée qui maintient l'ensemble. Tant qu'on ne l'ouvre pas, l'air ne passe pas. Couper un cigare correctement, c'est retirer juste assez de ce capuchon pour dégager un tirage franc, sans atteindre la ligne où la cape s'enroule : au-delà, les feuilles de tabac se détendent et le cigare se défait en lambeaux dans la bouche.

Pour la profondeur de coupe, un repère : deux à trois millimètres, jamais plus, et une coupe nette donnée d'un seul geste. Une lame émoussée écrase la tête au lieu de la trancher et laisse des filaments qui collent aux lèvres. Couper avec vos dents ou avec un couteau de cuisine produit exactement ce résultat, avec en prime des morceaux de tabac dans la bouche.

Quel type de coupe pour quel cigare ?

Chaque type de coupe change légèrement la façon dont la fumée arrive en bouche :

Coupe droite (guillotine)
La plus répandue. Une double lame tranche la tête à plat et ouvre une large surface : tirage généreux, fumée abondante. Elle convient à presque tous les formats, du robusto au churchill.
Punch ou emporte-pièce
Il perce un trou rond au centre du capuchon. Le tirage est plus serré et la tête garde sa tenue, ce qui plaît sur les petits formats et les cigares à grosse cape. Sur un gros diamètre, le trou peut sembler trop étroit.
Coupe en V
Une entaille en coin qui concentre la fumée sur la langue. Elle met en valeur les cigares corsés, mais elle se bouche plus vite si l'on mâchonne la tête.

Des ciseaux à cigare, aux lames courbes, font aussi l'affaire : la technique est la même, on referme d'un coup sec sur la ligne choisie. Les ciseaux de bureau, en revanche, pincent la tête avant de la trancher. Le pouce posé sur l'extrémité pendant la coupe évite que le cigare ne glisse.

Pour les formats pointus (torpedo, pyramide), une coupe droite un peu en dessous de la pointe ouvre assez de diamètre sans défaire la cape. Le détail de chaque outil, et la façon d'utiliser un coupe selon le diamètre du cigare, est dans notre comparatif des types de coupe cigare.

Un contrôle rapide après la coupe : tirez une bouffée à froid, sans allumer. L'air doit passer sans effort, avec un goût de foin, de cèdre ou de cacao selon le tabac. Si le tirage est dur, recoupez d'un millimètre. S'il est trop libre, il n'y a plus grand-chose à faire, sinon fumer plus lentement.

Comment allumer un cigare sans le brûler ?

L'allumage du cigare est l'étape que les débutants ratent le plus souvent, parce qu'ils l'abordent comme une cigarette : flamme collée au bout, grosse aspiration, et le pied noircit d'un côté pendant que l'autre reste cru. Le résultat est une combustion en biais, une fumée âcre et un cigare qu'il faudra corriger pendant tout le premier tiers.

Le choix de la flamme

Le tabac absorbe les odeurs de la flamme. Il faut donc une source sans goût :

  • le briquet torche au butane est le plus pratique, surtout dehors : sa flamme bleue résiste au vent et chauffe fort, ce qui oblige à garder de la distance ;
  • le briquet à flamme douce au butane convient à l'intérieur ; un briquet Xikar ou un modèle de table de qualité fait l'affaire ;
  • l'allumette longue en bois de cèdre est la méthode traditionnelle ; on laisse brûler le soufre de la tête avant d'approcher le cigare ;
  • le spill, une fine bande de cèdre qu'on enflamme, donne une flamme large et parfumée, appréciée des puristes.

À éviter : le briquet à essence, les bougies et les allumettes courtes soufrées, dont la combustion laisse une note chimique au démarrage.

Toaster le pied, puis allumer le cigare

Tenez le cigare à l'horizontale, l'extrémité à un ou deux centimètres au-dessus du feu, jamais dedans. Faites-le tourner lentement entre vos doigts pour chauffer toute la surface : c'est le « toastage ». Au bout de trente secondes à une minute, le pied du cigare noircit uniformément et commence à rougeoyer sur les bords. Il n'est pas question ici de brûler le pied, seulement de le préparer.

Portez ensuite le cigare aux lèvres et approchez le feu sans contact, en aspirant doucement tout en faisant tourner le cigare. Quand l'extrémité forme un cercle incandescent régulier, soufflez sur la braise pour vérifier qu'aucune zone ne reste éteinte. Souffler une fois à l'envers, dans le cigare, chasse aussi le gaz de combustion accumulé.

Tirer sur le cigare : rythme, bouche et fumée

Une fois le cigare allumé, le plus difficile commence : ne rien faire. Un cigare se fume au rythme d'une bouffée toutes les 45 secondes à 2 minutes environ. Tirer plus souvent surchauffe le tabac et fait apparaître une amertume qui masque les arômes ; tirer trop rarement le laisse s'éteindre. Entre deux bouffées, posez-le dans le cendrier, cendre à l'extérieur.

Faut-il inhaler la fumée ?

Non. La fumée d'un cigare se déguste en bouche, comme celle de la pipe, jamais dans les poumons. Les feuilles d'un cigare sont fermentées et séchées pour libérer leurs saveurs au contact du palais, et leur combustion, plus alcaline que celle d'une cigarette, irrite la gorge. Le geste est proche de celui d'un amateur de vin : on aspire, on garde deux à trois secondes en faisant circuler, puis on souffle doucement. Pour percevoir les notes les plus fines, faites passer une partie par le nez à la sortie (rétro-olfaction) : c'est là que se révèlent le cèdre, le cuir, le café ou les épices, et que la dégustation prend tout son sens.

Aucune façon de fumer n'est sans risque : même sans inhalation, la fumée en bouche expose la muqueuse, et les autorités sanitaires rappellent que le cigare n'est pas une alternative inoffensive à la cigarette. Le fumeur occasionnel qui savoure un havane de temps en temps se trouve simplement dans une autre pratique que le fumeur quotidien.

La cendre et le rallumage

Une cendre longue et compacte est le signe d'une bonne construction et de feuilles bien roulées. Laissez-la tenir deux ou trois centimètres, elle protège la braise et régule la température. Pour la faire tomber, posez le cigare sur le bord du cendrier et laissez-la se détacher d'elle-même, sans tapoter comme on le ferait avec une cigarette.

Un cigare qui s'éteint n'est pas un échec : cela arrive à tout le monde, surtout pendant une conversation. Soufflez d'abord dans le cigare pour évacuer la fumée froide, retirez la cendre, puis toastez et rallumez le pied comme au début. Au-delà d'une demi-heure d'arrêt, les arômes se dégradent : un cigare rallumé le lendemain a une saveur de cendre froide difficile à rattraper.

Rectifier une combustion de travers

Si un côté brûle plus vite que l'autre (le « canoë »), tournez le cigare pour que la partie en retard soit en dessous lors des prochaines bouffées : la chaleur monte et la rattrape. Si l'écart persiste, passez la flamme sur la partie en retard, sans insister. Mieux vaut corriger tôt qu'attendre que la cape se fende.

Apprécier un cigare, tiers par tiers

Apprécier un cigare, c'est suivre son évolution. La plupart des amateurs le découpent en trois parties.

  • Premier tiers : les arômes se mettent en place, souvent doux, boisés ou crémeux. Le début est parfois un peu vif, le temps que la combustion se stabilise.
  • Deuxième tiers : le cœur du cigare. La fumée s'épaissit, les notes se précisent (cacao, café, cuir, noisette) et la force monte d'un cran.
  • Dernier tiers : le plus intense. Le tabac chauffé par la fumée qui le traverse devient plus corsé, parfois poivré. C'est là que le rythme compte le plus.

Le moment de s'arrêter se juge au goût : quand l'amertume l'emporte ou que la tête devient chaude sous les doigts, il est temps de poser le cigare, généralement à trois ou quatre centimètres de la fin. Inutile de l'écraser comme une cigarette : laissé dans le cendrier, il s'éteint seul en quelques minutes et dégage moins d'odeur.

Chaque origine a son style : un havane joue souvent sur des saveurs terriennes, un cigare dominicain sur une douceur crémeuse. Ces arômes supposent une bonne conservation : sans humidificateur réglé, dans un humidor ou une cave électronique, un havane perd en quelques semaines ce qui faisait sa valeur.

Le cadre joue aussi : un verre d'eau ou un café accompagnent le cigare sans en couvrir les arômes, et un cigare fumé à la hâte chauffe et devient âcre. Fumer à l'intérieur expose aussi l'entourage à la fumée : la loi l'interdit d'ailleurs dans les lieux à usage collectif.

Les erreurs à éviter quand on débute

La plupart des mauvaises expériences viennent des mêmes gestes, faciles à corriger :

  • Sauter les préliminaires : couper à la va-vite, allumer sans toaster, fumer un cigare mal conservé. Deux minutes de préparation changent tout le reste.
  • Fumer trop rapidement : c'est l'erreur numéro un. Surchauffé, le cigare devient âcre, la tête chauffe, et le cigare se fume en vingt minutes au lieu d'une heure.
  • Couper avec vos dents ou avec un outil émoussé : la cape se déchire, le tirage devient irrégulier.
  • Mettre le cigare dans le feu : il doit chauffer l'extrémité à distance, pas la brûler.
  • Inhaler : la toux et le mal de tête qui suivent n'ont rien d'un passage obligé.
  • Mâchonner la tête : la cape s'humidifie, s'amollit et l'aspiration se bouche.
  • Tapoter la cendre sans cesse : elle protège la braise, laissez-la tomber seule.

Autre piège, celui du format : choisir un cigare trop gros ou trop corsé pour un premier essai. Un fumeur débutant sera plus à l'aise avec un petit module doux qu'avec un double corona puissant ; notre guide des formats de cigare, du robusto au double corona aide à s'y retrouver entre longueur, diamètre et durée.

Quelques repères d'histoire du cigare

L'histoire du cigare commence avec les peuples des Caraïbes, qui roulaient des feuilles de tabac bien avant l'arrivée des Européens. Les premiers colons espagnols en rapportent l'usage, et Cuba devient au XIXe siècle la référence mondiale, avec les régions de la Vuelta Abajo et de Partido. Le cigare cubain y gagne sa réputation, que la Seconde Guerre mondiale puis l'embargo américain de 1962 bousculent sans l'effacer : une partie des maisons et des savoir-faire part alors en République dominicaine, au Honduras ou au Nicaragua.

Le vocabulaire du fumeur en garde la trace. La cape, la sous-cape et la tripe désignent les trois couches de tabac d'un cigare roulé à la main ; le « module » désigne son format ; le « papier livre » évoquait autrefois l'emballage de certaines boîtes. Connaître ces mots n'est pas indispensable pour bien fumer, mais aide à comprendre ce que l'on goûte.

Questions fréquentes sur la façon de fumer le cigare

Combien de temps dure un cigare ?

Tout dépend du format et du rythme. Un petit corona se fume en 30 à 45 minutes, un robusto en 45 minutes à une heure, un churchill ou un double corona en une heure et demie à deux heures. Fumer plus vite raccourcit la durée mais dégrade le goût.

Peut-on garder un cigare entamé pour plus tard ?

C'est possible, mais rarement satisfaisant. Un cigare éteint depuis plusieurs heures prend un goût de tabac froid. Si vous devez l'interrompre, faites tomber la cendre, laissez-le s'éteindre seul et rallumez-le dans l'heure, après avoir soufflé dedans.

Comment transporter un cigare pour le fumer ailleurs ?

Un étui rigide ou une petite cave de voyage le protège des chocs et du dessèchement pendant quelques jours. Pour une sortie plus longue, un étui humidifié garde les cigares en bon état ; notre page sur les accessoires du fumeur de cigare passe en revue étuis, coupe-cigares et briquets.

Faut-il retirer la cellophane avant de fumer ?

Oui, toujours. La cellophane protège le cigare pendant le transport et en boutique ; elle n'a rien à faire au contact de la flamme. Dans une cave, on peut la laisser un temps, mais elle ralentit les échanges d'humidité.

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